• Europe - États-Unis : la bataille des planètes lointaines

    Europe - États-Unis : la bataille des planètes lointaines

    La course internationale pour la découverte de planètes extrasolaires est toujours aussi serrée. Tout juste une semaine après l'annonce de la découverte de la plus petite planète extrasolaire par des astronomes européens, la Nasa a tenu mardi soir une conférence de presse à Washington pour annoncer deux nouvelles petites planètes trouvées par deux équipes indépendantes, l'une dirigée par Paul Butler et Geoffrey Marcy, respectivement de l'Institut Carnegie à Washington et l'université de Californie à Berkeley, et l'autre par Barbara McArthur, de l'université du Texas à Austin. Les deux nouvelles venues pèsent entre 18 et 20 fois la masse de la Terre, ce qui les range dans la même catégorie que la planète record de seulement 14 masses terrestres.


    Depuis la première découverte d'une planète autour d'une autre étoile que notre Soleil, en 1995, par l'équipe européenne du Suisse Michel Mayor, les astronomes ne cessent de chercher des corps de plus en plus petits, qui se rapprochent de la taille des planètes rocheuses comme la Terre, et qui seraient donc susceptibles d'héberger la vie. Jusqu'à présent, toutes les planètes découvertes sont des géantes gazeuses, grosses comme Jupiter ou Saturne (318 et 95 fois plus lourdes que la Terre), mais très chaudes car tournant très près de leur soleil.


    Visiblement irrités de s'être fait griller sur le fil, les astronomes américains cités par le site Internet ScienceNow reprochent à leurs confrères européens d'avoir rendu public leurs résultats avant que leurs travaux ne soient acceptés par une revue scientifique à comité de relecture. Les Européens ont soumis leur publication à Astronomy and Astrophysics, mais elle n'a pas encore été acceptée. En revanche, les deux études américaines ont déjà été acceptées et seront publiées dans la revue Astrophysical Journal. La situation est assez ironique car les astronomes américains ont très souvent profité des fracassantes conférences de presse de la Nasa, annonçant la plupart du temps des résultats non publiés, et donc non vérifiés par la communauté scientifique.

    Au-delà de la polémique, ces trois nouvelles petites planètes sont très intéressantes et illustrent les progrès techniques réalisés depuis dix ans. Il pourrait bien s'agir des toutes premières exoplanètes telluriques, de type rocheux comme la Terre, jamais découvertes. En effet, les modèles informatiques de formation de systèmes planétaires montrent que des corps de la taille d'Uranus ou de Neptune tournant très près de leur étoile (une année dure moins de dix de nos jours) peuvent être solides, et non pas forcément gazeux comme le sont les géantes de notre système solaire, qui se sont, elles, formées à partir de gaz dans des régions bien plus éloignées du Soleil. D'autre part, la planète trouvée par Butler et Marcy l'a été autour d'une naine rouge, le type d'étoile le plus répandu dans l'univers.

    Que faire en cas de litige ? »

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