• Une dynastie du business dans le collimateur du procureur


    La famille Greenberg contrôle trois des entreprises visées par la croisade de l'attornay général de l'État de New York

    Une dynastie du business dans le collimateur du procureurSi le tycoon Maurice Greenberg et ses fils Evan et Jeffrey avaient prévu de fêter Thanksgiving ensemble, l'ambiance risque d'être tendue au dîner. Depuis dix jours, les Greenberg, qui dirigent trois des géants mondiaux de l'assurance, n'ont que des ennuis. Tout a commencé le 14 octobre à New York. Ce jour-là, Eliot Spitzer, l'ambitieux procureur élu de l'État, connu pour avoir entrepris depuis trois ans un grand nettoyage de Wall Street, accuse plusieurs grands noms de l'assurance de corruption.


    La principale compagnie visée par sa plainte déposée le jour même devant la Cour suprême de Manhattan est Marsh & McLennan, numéro un mondial du courtage. Dirigé par Jeffrey Greenberg, ce groupe de 11 milliards de dollars de chiffre d'affaires qui emploie 63 000 salariés est accusé de tromper ses clients en les dirigeant à leur insu vers certaines compagnies d'assurances. Aux États-Unis, ces commissions n'ont rien d'illégal, à condition que le montant des commissions versées par les assureurs soit clairement annoncé. Apparemment, ce n'était pas le cas.


    Pour Jeffrey Greenberg, 53 ans, c'est la catastrophe. Dix administrateurs ont évoqué son départ avec Eliot Spitzer, vendredi. Depuis l'éclatement de l'affaire, son groupe a vu disparaître presque la moitié de sa capitalisation boursière. C'est beaucoup, d'autant que c'est la troisième fois que Spitzer s'en prend à lui. En 2003, sa filiale de gestion d'actifs Putnam avait dû verser 110 millions de dollars pour sortir de l'enquête de Spitzer sur les mutuals funds. La même année, la société de conseil Mercer, qui lui appartient également, a été critiquée pour avoir surpayé l'ancien patron de la Bourse de New York, Dick Grasso.


    Les relations entre la famille Greenberg et Eliot Spitzer n'étaient pas fameuses. Elles se sont encore détériorées lorsque ce dernier a élargi ses investigations aux compagnies d'assurances elles-mêmes. Parmi elles figure Ace, dirigée par Evan Greenberg et American International Group (AIG), qui reste contrôlée par le patriarche Maurice «Hank» Greenberg.


    La 59e fortune américaine


    Selon un porte-parole du procureur, «la présence de trois membres de la famille Greenberg dans l'enquête n'est qu'une coïncidence». Peut-être. Peut-être pas. Démocrate,. Aux yeux du grand public, il a tout intérêt à s'attaquer à un républicain aussi engagé que Maurice Greenberg.


    Mais ce milliardaire, classé comme la 59e fortune américaine par le magazine Forbes, n'est pas seulement le patriarche de l'assurance mondiale. Comme bien d'autres PDG de son rang, Maurice Greenberg siège dans un grand nombre d'institutions philanthropiques et dépense une partie de sa fortune pour de nombreuses causes.


    Dans l'ombre, l'influence de Maurice Greenberg est peut-être encore plus grande. Pour commencer, il est membre des Bush pioneers, le Club de supporters qui ont versé chacun plus de 100 000 dollars à la campagne électorale de George W. Bush. Le président l'a remercié en embauchant l'une de ses associées, Elaine Chao, comme ministre du Travail et en l'emmenant dans ses périples asiatiques. C'est ainsi que AIG aurait décroché des contrats privilégiés au Japon.

    Leader de l'assurance en Asie


    Maurice Greenberg est aussi vice-président du Council on Foreign relations (CFR) et il a des liens étroits avec l'Asie. Surnommé «l'homme de la Chine aux États-Unis» par ses détracteurs, c'est un ami de longue date de l'ancien président chinois Jiang Zemin, du maire de Shanghaï Zhu Rongji et des plus hauts gradés du Parti communiste chinois. Des amitiés qu'il a cultivées lors de plus de quarante voyages en Chine entre 1975 et 1980. En 1993, élu président du US-China Business Council, il a combattu chaque initiative des autorités américaines à l'encontre de la Chine.


    Ainsi, lorsque le «think tank» Heritage Foundation a appelé le Congrès à voter contre le commerce avec la Chine en 2000, Maurice Greenberg a menacé de cesser ses donations à cette fondation. Celle-ci a ensuite publié un rapport intitulé : «Comment le commerce avec la Chine bénéficie aux Américains»... Jiang Zemin a su se montrer reconnaissant : AIG a été le premier géant étranger de l'assurance à s'installer en Chine. Il est aussi de loin le leader en Malaisie, à Hongkong, aux Philippines, à Singapour et à Taïwan. La plupart des cargos qui quittent la région remplis de jouets, de vêtements et d'électronique sont par exemple assurés par la société de Maurice Greenberg.

    Avec un tel profil, «Hank» a pu être comparé à Armand Hammer, le tycoon américain, PDG du groupe gazier et pétrolier Occidental Petroleum. Décédé fin 1990, ce richissime industriel a été soupçonné toute sa vie d'avoir été un agent soviétique car il oeuvrait beaucoup pour rapprocher les États-Unis de l'ex-URSS

     

     

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